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LA DISTRIBUTION présentée par Françoise Chatôt

18 novembre 2008

LA DISTRIBUTION présentée par Françoise Chatôt

Agnès Audiffren / Ciuta, Malvolio

J’ai rencontré Agnès par un beau soir d’été. Elle était serveuse dans un restaurant…si belle et si maladroite, renversant les plats, faisant des tâches, totalement prise dans un rêve intérieur, ses yeux bleus contemplant tout autre chose que les clients du restaurant. Mue par je ne sais quelle intuition, je lui demandai si elle était actrice « en vrai ». Elle l’était, encore au conservatoire. Le lendemain elle passait une audition avec Andonis Vouyoucas pour le rôle de Varia dans « la Cerisaie » de Tchékhov. Depuis elle n’a cessé de jouer au Gyptis les plus grands rôles du répertoire. Avec moi, elle fut une Marthe inoubliable dans « l’échange » de Claudel, Junie dans « Britannicus » de Racine et dernièrement la reine d’Espagne dans « Ruy Blas » de Hugo ; des spectateurs m’en parlent encore ! Dans une distribution, elle est l’élément modérateur qui sait apaiser les tensions, dire un mot de réconfort, une indication juste aux acteurs angoissés. J’avais décidé qu’elle ne jouerait pas dans « les Caprices de Marianne » et lorsque je le lui dis (je voulais une très jeune héroïne), elle proposa aussitôt de m’assister à la mise en scène puis de jouer les petits rôles de la pièce ; je ne pouvais que m’incliner. Agnès une fois de plus m’accompagne, c’est rassurant…

Alice Belaïdi / Marianne

Ma rencontre avec Alice fut une déflagration ; que ce soit lorsqu’elle jouait « Mireille » de Mistral, Rosette dans « On ne badine pas avec l’amour » de Musset ou très récemment dans « Confidences à Allah » de Saphia Azzeddine (spectacles de Gérard Gélas) je l’ai trouvée surprenante ; c’est un clown, elle peut tout jouer. Avec un art consommé des ruptures, elle est tantôt coquine et drôle puis brusquement pathétique. Plutôt discrète dans la vie, sur le plateau elle rayonne, éclatante. Aussi ai-je pensé à elle dès que je décidais de créer « les Caprices » : elle serait Marianne, très jeune comme elle, mais forte et résolue, intelligente et fragile.

Guillaume Clausse / Octave et Grégoire Roger / Cœlio

Je les ai rencontrés tous deux lors des auditions pour la reprise de « Ruy Blas ». Malgré leur talent évident, il me paraissait difficile de confier à l’un ou à l’autre ce rôle-titre marathonien au cœur d’une distribution homogène d’acteurs « matures » présents depuis la création. Mais dès que je les ai vus, j’ai pensé qu’il fallait créer un spectacle pour ces jeunes gens qui avaient la fougue, la passion et aussi une certaine mélancolie, une façon d’être habités de désirs inassouvis … autant de caractéristiques propres aux héros de Musset ; c’est pour eux et pour Alice que je crée ces « Caprices ».

Cathy Darietto / Hermia

Lorsque j’ai vu Cathy la première fois en audition pour Hermia, je l’ai trouvée belle, accomplie mais trop jeune pour le rôle ; j’oubliais pourtant de le lui annoncer (un « signe ») et lorsqu’elle même vint aux nouvelles, je résolus de lui faire repasser l’audition. Elle avait retravaillé sur les premières indications que je lui avais proposées et elle s’est imposée. Avec l’allure sensuelle, la classe et la sensibilité d’une femme qui pouvait marquer à vie ou à mort un fils trop amoureux de sa mère…

Pierre-François Doireau / Tibia

Hypersensible, imaginatif, l’esprit sans cesse en éveil et d’une virtuosité étonnante pour son âge, Pierre-François est un acteur à part, inclassable, indispensable au théâtre où l’on a tendance aujourd’hui à ne prendre que des acteurs formatés et trop lisses.
Pierre-François a joué avec moi dans « Ruy Blas » et je sais qu’il donnera une empreinte très particulière au personnage loufoque de Tibia.

Philippe Séjourné / Claudio

Je n’avais pas pensé immédiatement à Philippe pour jouer ce rôle mais quand il m’a fallu remplacer l’acteur prévu au débotté et en cours de répétitions, il s’est imposé naturellement. J’avais pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui sur « Ruy Blas », et le public avait plébiscité son talent ; rapide, précis et très inventif, je ne doute pas qu’il trouvera à s’accorder à ma vision du personnage : Claudio est un barbon grotesque, un vrai « cake » marseillais caricaturé dont je suis sûre que Philippe s’amusera beaucoup à l’interpréter.



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