L’association SUN OF SHADE vous propose des COURS DE DANSES : Plus de 40h de danses par semaine toutes disciplines confondues
15 novembre 2008

Durée estimée 1h20
Mise en scène Françoise Chatôt – Chorégraphie David Llari / Compagnie Sun of Shade
Danseurs dans les roles: carnaval, les amis, spadassins…
Christophe Lepage
Foued Mansouri
Nassir Moktari
Acteurs Agnès Audiffren : Malvolio et Ciuta
Alice Belaïdi : Marianne
Guillaume Clausse : Octave
Cathy Darietto : Hermia
Pierre-François Doireau : Tibia et un domestique
Grégoire Roger : Coelio
« Dans une Naples improbable, Cœlio, jeune aristocrate rêveur et mélancolique, tombe amoureux de Marianne, jeune femme sortie du couvent, épouse d’un barbon jaloux et ridicule ; Cœlio charge son meilleur ami Octave, brillant et débauché, de faire connaître son amour à Marianne. Marianne tombe amoureuse d’Octave, et Cœlio, croyant que son ami l’a trahi, se laisse tuer dans une embuscade tendue par le mari.
Pourquoi je monte Les Caprices de Marianne.
Il y a quelque chose de violemment contemporain dans cette désespérance d’un enfant du siècle et ces jeunes gens : Octave, Cœlio mais aussi Marianne, sont les frères et les sœurs lucides et désenchantés de cette frange de jeunes gens d’aujourd’hui qui, pour beaucoup, ne savent où s’employer, que croire, où s’engager, que faire… ? Déjà Flaubert, à 21 ans, atteint de cette maladie d’un siècle trop vieux pour une jeunesse venue trop tard, se demandait :
« Que faire ici-bas ? Qu’y rêver ? Qu’y bâtir ? »
Et il avouait :
« Je suis né avec le désir de mourir. Rien ne me paraissait plus sot que la vie et plus honteux que d’y tenir » (Novembre, 1841)
Quand la mélancolie, le « spleen », ne vont pas jusqu’au suicide, la débauche, l’alcool, la drogue, les jeux dangereux n’en sont que des dérivatifs qui soulagent mal cette « douleur » ou « fureur de vivre ».
Musset, jeune homme brillant mais désespéré, avait capté dans son incandescence la passion morbide caractéristique de cet âge et sa vanité faute d’objet digne de la combler.
Et puis il y eut comme une cristallisation des choses vues, entendues ou lues lorsqu’un projet germe en soi. Le déclic vint de la redécouverte d’un film que j’avais adoré dès sa sortie en salles : Last Days de Gus van Sant. Revoir ce film agit comme un révélateur de ce qu’il me fallait faire.
Oui, ces derniers jours de rock-star dont le désespoir entre errance solitaire, drogue et musique, va jusqu’au suicide, sont les derniers jours de Cœlio ; et à la mort de Cœlio, Octave, son double, n’a d’autre issue que le sexe sans amour, le détachement cynique et impuissant, l’ivresse et l’oubli… Jamais Musset n’a été aussi écartelé entre son désir de pureté désespéré et son penchant vers la débauche sans espoir.