SLAVE – Triptyque chorégraphique

Note d’intention

S’interroger sur nos sociétés contemporaines et la place qu’occupe la condition humaine, être amené à chercher un sens et des réponses au-delà de soi. L’individu peut y perdre ses repères et se confronter à un environnement aux valeurs et idéologies qui lui semblent trop complexes, absurdes ou cyniques, provoquant ainsi toutes les tentatives d’éloignement, de repli sur soi qui marquent notre époque.

Aujourd’hui, on peut trouver un éclairage dans notre passé et trouver dans l’Histoire une forme de représentation des expériences de l’Humanité. Un apprentissage, un héritage qu’il est difficile de faire sien et d’accepter, d’assimiler dans sa chair.

C’est une lutte qui s’engage ! La résistance de l’homme blanc est rattrapée par des responsabilités qui s’inscrivent en lui comme une dette vis-à-vis du passé.

C’est l’aliénation de l’Homme qui se répète, chacun responsable au-delà de ses actes, comme si la violence ne se désamorçait pas, et que chacun devenait à son tour le transmetteur solitaire d’une histoire dont il ne parvient pas à se libérer.

présentation de la création par david llari, chorégraphe

Le choix d’un triptyque chorégraphique s’est imposé à moi au fur et à mesure que le projet a pris forme, dans le cheminement de son évolution. Mon idée est de mettre en évidence trois approches différentes pour traiter le sujet de l’esclavage moderne.

La chorégraphie pour deux danseurs interprètes se distingue par la création de deux solos de danse.

Deux êtres distincts et isolés qui évoquent une problématique dans leur représentation du corps (corps social, corps sexué, corps de danseurs et de formation diamétralement opposées), pétris par leurs histoires singulières, elles-mêmes modelées par les carcans éducatifs et la pression sociale que le monde moderne leur impose.

Le troisième volet réunit deux danseurs afin de poser un regard différent sur le sujet. Qu’est-ce que cette expérience du couple, du collectif ou du groupe socialisé apporte au propos de la pièce sans pour autant évoquer les préceptes reconnus de la dualité homme/femme, féminin/masculin comme une part qui nous habite et fait de nous des êtres humains, sensibles, des mammifères qui se débattent dans un monde qu’ils ont rendu hostile? Aborder la dimension socialisante du couple, du groupe ou du collectif m’apparaissait un élément fondateur de toute forme d’organisation du monde et une manière de dire que ce qui se gagne parfois en amour se perd aussi parfois en liberté.

David LLARI, Chorégraphe